Foundation Training, du mal de dos à la performance : entretien avec le Dr Eric Goodman

Paul James et Eric Goodman, interview en floride

Paul James et Eric Goodman, interview en floride

Le Dr Eric Goodman est le créateur de Foundation Training, une méthode d’entraînement qui accorde une place centrale à la chaîne postérieure, à la respiration, aux pieds et à la manière dont le corps répartit les contraintes.

Je connaissais son travail depuis plusieurs années. Comme beaucoup de personnes confrontées à des douleurs persistantes, j’ai d’abord considéré Foundation Training comme une méthode supplémentaire parmi toutes celles que j’avais déjà explorées. Mon dos allait alors mieux, mais une douleur chronique continuait à résister aux différentes approches que j’avais essayées.

Lorsque j’ai finalement pris le temps d’étudier Foundation Training et de la pratiquer sérieusement, j’ai découvert un système beaucoup plus précis qu’il n’en avait l’air. Je l’ai trouvé brillant d’efficacité et de simplicité dans sa mise en pratique (pas de matériel spécial, tout le monde peut y avoir accès). Les postures étaient simples en apparence, mais leur efficacité reposait sur une multitude de détails : la position des pieds, l’engagement des adducteurs, l’orientation du bassin, l’expansion de la cage thoracique, la nuque, les bras et la respiration.

Cette découverte m’a conduit jusqu’en Floride pour suivre la certification d’instructeur Foundation Training niveau 1. À l’issue de cette formation, j’ai eu la chance de m’entretenir avec Eric Goodman dans son bureau.

Voici notre échange, traduit de l’anglais et édité pour rendre sa lecture plus fluide, sans modifier le sens des propos.

L’entretien en vidéo

La vidéo a été tournée en anglais et intégralement sous-titrée en français.

Note personnelle : Eric Goodman partage ici sa compréhension du mouvement, son expérience personnelle et les observations recueillies au cours de son travail. Foundation Training est une pratique physique et éducative. Elle ne remplace ni un diagnostic médical, ni un traitement, ni une prise en charge individualisée lorsque des symptômes inquiétants ou persistants sont présents. C’est évident et ça me fait drôle de le rappeler, mais je préfère tout de même le redire. Il y a les douleurs récentes aigues, les red flag médicaux et les gênes chroniques du quotidien.

 

Ce qu’il faut retenir de cet entretien

1. Foundation Training cherche à mieux coordonner la chaîne postérieure

La méthode apprend à engager ensemble les muscles situés à l’arrière du corps et sous le bassin : les ischio-jambiers, les fessiers, les adducteurs et les muscles qui soutiennent la colonne vertébrale. L’objectif est de mieux répartir les contraintes dans les muscles et de limiter les compensations concentrées sur quelques articulations.

2. La respiration est utilisée comme une action musculaire

La « respiration de décompression » ne consiste pas simplement à inspirer profondément. Elle associe respiration, posture et engagement musculaire (notamment à l’expiration !!) afin de créer une expansion active de la cage thoracique et une sensation d’allongement du tronc.

3. Quelques minutes peuvent influencer les mouvements qui suivent

Eric Goodman décrit Foundation Training comme un « accessoire universel du mouvement ». La méthode peut servir de préparation avant une séance, de pratique autonome ou de moyen de mieux organiser les gestes du quotidien.

4. Foundation Training n’a pas vocation à remplacer le yoga, le Pilates ou le sport

Eric propose plutôt de l’utiliser pour mieux profiter de ce que l’on aime déjà faire : courir, marcher, surfer, skier, pratiquer le yoga, jouer d’un instrument ou s’entraîner en musculation.

5. Les mêmes principes peuvent être adaptés à des capacités très différentes

Certaines positions sont accessibles et douces ; d’autres peuvent devenir extrêmement exigeantes. Le niveau de tension, l’amplitude et la complexité doivent évoluer avec la personne.

6. Pour les skieurs et snowboardeurs, le travail commence aussi au niveau des pieds

La rigidité des chaussures et la position maintenue pendant la pratique influencent les chevilles, les jambes, les hanches et le dos. Eric insiste donc sur la force, l’espace et la coordination du pied, de la voûte plantaire et des muscles entourant le tibia.

 

« J’ai d’abord essayé de comprendre mes propres blessures »

Paul : Avant de parler de Foundation Training, peux-tu nous raconter qui tu es et comment cette méthode est née ?

Eric Goodman : Au moment de cet entretien, j’ai 43 ans et j’enseigne Foundation Training depuis l’âge de 27 ans. J’ai commencé à travailler comme entraîneur personnel à 18 ans, puis j’ai obtenu un doctorat en chiropratique. Je n’ai cependant jamais ouvert de cabinet chiropratique traditionnel ni pratiqué les ajustements manuels.

Foundation Training est née de mes propres blessures. Pendant mes études, j’avais déjà d’importants problèmes au niveau de la colonne vertébrale, avec plusieurs disques très dégénérés et plusieurs hernies. Une fusion vertébrale était alors envisagée. Cette perspective m’effrayait énormément.

J’ai commencé à chercher comment renforcer mon corps différemment. Mes symptômes ont diminué assez rapidement, ce qui m’a conduit à approfondir des éléments que je n’avais pas réellement appris dans mes études ou dans ma pratique de la musculation.

Je voulais comprendre les interactions entre les ischio-jambiers, le bassin, les hanches, les muscles de la colonne vertébrale et les voies nerveuses. Durant la première partie de ma vie, ma manière de bouger m’avait fait du mal. Par la suite, j’ai appris à utiliser le mouvement et la respiration pour améliorer ma situation.

Cette recherche est progressivement devenue Foundation Training. Depuis 2008, la méthode n’a jamais cessé d’évoluer. Nous avons aujourd’hui formé plus d’un millier d’instructeurs à travers le monde, mais nous continuons à affiner notre compréhension du fonctionnement du corps humain.

Pour moi, Foundation Training est justement cela : une perspective qui continue de s’améliorer.

 

Qu’est-ce que Foundation Training, concrètement ?

Paul : Si tu devais expliquer simplement Foundation Training à quelqu’un qui ne connaît pas du tout la méthode, que lui dirais-tu ?

Eric Goodman : Foundation Training est une compétence que l’on apprend afin d’accéder en priorité aux muscles de la chaîne postérieure.

Nous cherchons à faire travailler ensemble les ischio-jambiers, les fessiers, l’aine et les adducteurs. J’aime comparer cela à une symphonie : ces muscles développent un tonus commun et apprennent à mieux communiquer. Cette coordination contribue ensuite à soutenir la colonne vertébrale.

À partir de cette organisation de la chaîne postérieure, nous enseignons une expansion du torse que nous voulons à la fois sûre et neutre. C’est ce que nous appelons la respiration de décompression.

La théorie de Foundation Training est assez simple. Lorsque le centre du corps s’effondre et se concentre sur lui-même, les contraintes ont tendance à s’accumuler. Nous cherchons à ramener la cage thoracique, la colonne vertébrale et l’axe du corps vers davantage d’expansion, tout en maintenant une tension musculaire bien répartie.

Lorsque la chaîne postérieure fonctionne de manière plus coordonnée et que l’axe du corps retrouve de l’expansion, nous observons souvent une amélioration de la manière de se tenir debout, de marcher, de courir, de s’asseoir et de respirer.

 

Pourquoi ne pas simplement faire du soulevé de terre ?

Paul : Si l’objectif est de renforcer la chaîne postérieure, pourquoi ne pas simplement faire du soulevé de terre roumain ?

Eric Goodman : J’adore le soulevé de terre roumain. C’est un excellent exercice. Ajoute une charge et ton corps devra s’adapter à cette charge.

Foundation Training utilise elle aussi la physique du corps, mais elle emploie le poids du corps pour créer une tension interne très précise. La position des pieds, des hanches, du bassin, des bras et du cou, associée à la respiration, change profondément le résultat.

Je peux apprendre à quelqu’un à effectuer un pivot de hanche en dix secondes. Lui enseigner un excellent pivot de hanche demande davantage de temps, de pratique et de nuances. Le résultat obtenu sera également très différent.

Foundation Training ne s’arrête pas lorsque la séance est terminée. Lorsque tu as suffisamment pratiqué les postures, tu commences à réutiliser spontanément certains principes dans ta vie.

Tu attends dans une file, tu marches, tu rames sur une planche de surf ou tu retournes faire un soulevé de terre : tu retrouves l’allongement de la nuque, la respiration, la position des hanches et l’organisation des pieds que tu as apprises.

C’est pour cette raison que nous avons commencé à présenter Foundation Training comme l’accessoire universel du mouvement. Quelques minutes de pratique peuvent influencer positivement les mouvements qui suivent.

Nous l’observons chez des sportifs de tous niveaux. Ils décrivent souvent une sensation de légèreté, une meilleure répartition du poids du corps et davantage de confiance dans leurs capacités physiques.

Note personnelle : Foundation Training et le renforcement avec charges ne poursuivent pas exactement le même objectif et peuvent parfaitement coexister. La méthode peut préparer le corps à mieux exécuter certains mouvements, tandis que la musculation permet notamment de développer la force face à des charges progressivement plus importantes. Il est fréquent de faire 5-10 minutes de Foundation Training comme échauffement de sa séance de musculation.

 

La respiration de décompression : bien plus qu’une grande inspiration

Paul : La respiration de décompression est l’une des pierres angulaires de la méthode. Comment l’as-tu développée et que cherches-tu à provoquer ?

Eric Goodman : J’ai commencé à développer cette respiration parce que mes premières années de travail sur la chaîne postérieure m’avaient conduit à trop étendre ma colonne vertébrale et à pousser mes côtes vers l’avant.

Je devais trouver un moyen de conserver la courbure naturelle de la colonne thoracique tout en créant de l’espace. La solution n’était pas simplement de fléchir davantage le haut du dos, car cela aurait raccourci le tronc. Il fallait apprendre à élargir la cage thoracique.

La respiration de décompression est donc une expansion active. Les muscles entourant la cage thoracique participent à séparer les côtes et à créer une expansion à 360 degrés au-dessus du diaphragme. Certains muscles du cou contribuent aussi à élever le sternum et à construire une sorte d’échafaudage autour des poumons.

Cette respiration n’est pas apparue en une journée. Son développement s’est étalé sur plusieurs années. On peut en observer les premières traces dans mon intervention TEDx de 2011, puis suivre son évolution dans les années suivantes. À partir de 2012, nous avons commencé à l’enseigner comme un véritable principe de Foundation Training.

C’est probablement la partie la plus difficile de la méthode. Il faut réapprendre à laisser les côtes s’écarter dans plusieurs directions simultanément, plutôt que de pousser uniquement le ventre ou la poitrine vers l’avant.

Au fil du temps, cette expansion peut améliorer la stabilité des épaules, du cou et de la tête. Elle crée aussi une relation plus forte entre la cage thoracique et l’abdomen.

Paul : Tu dis avoir “développé” cette respiration, mais évidemment, tu n’as pas inventé le fait de respirer…

Eric Goodman : Bien sûr que non ! Je n’ai inventé ni la respiration ni les mouvements que l’on peut reconnaître à l’intérieur de Foundation Training.

J’ai développé un protocole destiné à rappeler au corps sa capacité à respirer de cette façon. Pour la chaîne postérieure, le principe est semblable : le protocole rappelle à ces muscles leur force et leur rôle.

Je n’ai pas commencé avec une théorie abstraite en décidant de ce qui devait se passer. J’ai observé les changements qui se produisaient dans mon propre corps, puis chez les autres. J’ai ensuite essayé de comprendre comment reproduire ces changements. Une observation répétée est progressivement devenue une méthode.

 

Créer de l’espace et mieux répartir les contraintes

Paul : Lorsque tu parles d’expansion de la cage thoracique et de la colonne, on pourrait penser que cela concerne uniquement le dos. Pourtant, tu expliques que les effets peuvent être ressentis ailleurs dans le corps.

Eric Goodman : Les nerfs empruntent des voies qui traversent des espaces osseux et musculaires. J’utilise souvent l’image d’une rivière qui se dirige vers l’océan.

Il peut y avoir des obstacles ou des perturbations sur son trajet. Plus on crée d’espace autour des voies de passage, plus la communication peut devenir fluide.

Le corps fonctionne comme un ensemble. Une restriction dans une zone peut influencer ce que l’on ressent ou la manière dont on produit de la force ailleurs.

Lorsque nous restons assis toute la journée, certaines zones finissent par absorber beaucoup plus de mouvement et de compression que d’autres. On imagine souvent que le poids du torse est seul responsable. Il faut également regarder la plateforme sur laquelle ce torse repose, donc le bassin et la manière dont les jambes le soutiennent.

Chez certaines personnes souffrant du bas du dos, le simple fait de rapprocher légèrement les genoux peut déjà modifier la sensation de soutien sous le bassin. Ce n’est qu’un point de départ, mais il permet parfois de ressentir immédiatement une organisation différente.

 

Foundation Training, yoga ou Pilates : faut-il vraiment choisir ?

Paul : En France, lorsqu’on conseille aux gens de pratiquer une activité pour leur santé, beaucoup se tournent vers le yoga ou le Pilates. Pourquoi devraient-ils choisir Foundation Training ?

Eric Goodman : Je leur conseillerais de ne pas choisir.

Va suivre un cours de yoga et sois attentif à ce que tu ressens. Ensuite, pratique Foundation Training pendant une semaine, même seulement dix ou douze minutes par jour, puis retourne dans le même cours de yoga. Observe ce qui a changé.

Tu peux faire exactement la même expérience avec le Pilates.

Je ne veux pas que les gens arrêtent une activité qu’ils aiment pour la remplacer par Foundation Training. La méthode est destinée à accompagner leur vie et à les aider à mieux pratiquer ce qu’ils font déjà.

Apprends les principes avec un instructeur, dans l’application ou avec un livre. Consacre un peu de temps à les approfondir, puis utilise-les pour mieux faire ton yoga, ton Pilates, ton VTT, ton surf, ta marche, ta course ou même ton instrument de musique.

Foundation Training n’a pas forcément besoin de devenir un cours d’une heure supplémentaire dans ton agenda. Dix à vingt minutes peuvent suffire à créer un stimulus important.

Les postures sont souvent beaucoup plus difficiles qu’elles n’en ont l’air. Après cinq ou dix minutes, il n’est pas rare de trembler. Cette difficulté révèle les zones dans lesquelles le corps peine encore à répartir correctement la tension. Avec la pratique, il s’adapte.

 

« À chaque épisode douloureux, j’apprenais quelque chose »

Paul : Tu as créé cette méthode à partir de tes propres problèmes de dos. Comment tes douleurs ont-elles évolué ?

Eric Goodman : Lorsque mon dos se bloquait, toute la zone lombaire semblait perdre sa stabilité. Je ne pouvais plus rester debout, m’asseoir ou m’allonger confortablement. Durant les premières crises, j’avais simplement l’impression de faire ce que je pouvais pour traverser l’épisode.

Puis j’ai commencé à comprendre comment associer une extension active du corps à une contraction de la partie haute des ischio-jambiers. Cela a changé mon rapport à ces crises.

Lorsque je sentais mon dos commencer à se dégrader, je ne restais plus complètement passif. J’essayais de reconstruire progressivement cette organisation. Au début, il me fallait plusieurs semaines. Après quelques mois sans crise, une nouvelle survenait et me demandait peut-être dix jours. La suivante durait une semaine, puis trois ou quatre jours.

À chaque épisode, j’apprenais quelque chose sur les faiblesses qui s’exprimaient et sur la manière dont je pouvais y répondre.

Depuis mon entrée dans la quarantaine, je n’ai plus connu de crise majeure comparable.

À 27 ans, je pensais devoir subir une fusion vertébrale à deux niveaux. Presque dix-sept ans plus tard, je me sens beaucoup plus fort, physiquement et mentalement.

Cela ne garantit évidemment pas que je ne souffrirai plus jamais. J’ai cependant développé des compétences et une confiance que je n’avais pas auparavant.

Il faut croire que l’on peut progresser et que nos sensations actuelles ne sont pas nécessairement permanentes. Cette confiance se construit un instant après l’autre, en agissant d’une manière qui nous permet de nous faire à nouveau confiance.

Plus les protocoles de Foundation Training évoluent, plus nous devenons efficaces pour transmettre ces compétences. Les élèves comprennent mieux la méthode et développent à leur tour davantage de confiance dans leur capacité à agir.

 

Une méthode adaptable, mais pas sans limites

Paul : Peut-on dire que Foundation Training convient à toutes les personnes souffrant de douleurs chroniques ? Existe-t-il des limites ?

Eric Goodman : Oui, il existe des limites. Je ne placerais jamais une personne très diminuée dans une posture complexe.

Certaines formes de décompression peuvent être adaptées en position assise, debout, allongée sur le dos ou sur le ventre. Elles peuvent être pratiquées au sol, sur une chaise et parfois même dans un lit.

Les grands pivots de hanche, les squats profonds et les rotations importantes comme le Windmill ou l’Archer sont différents. Ce sont des positions athlétiques et elles ne constituent pas nécessairement un point de départ.

J’ai vu des personnes initialement très peu sportives devenir remarquablement compétentes dans ces postures, mais elles ont construit cette capacité progressivement.

Paul : Tu évoques également différentes formes de scoliose. Foundation Training peut-elle intervenir dans ce contexte ?

Eric Goodman : Il faut distinguer les scolioses structurelles, qui comportent des modifications fixes sur lesquelles nous ne pouvons pas agir directement, de certaines organisations plus fonctionnelles et adaptatives.

Lorsqu’une personne possède encore une capacité de mouvement et d’adaptation, le travail d’ancrage et de décompression peut parfois améliorer la manière dont elle utilise son corps et lui permettre de continuer à pratiquer des activités qui lui tiennent à cœur.

La méthode doit cependant s’adapter à la personne, jamais l’inverse.

Note personnelle : La distinction entre scoliose structurelle et composante fonctionnelle demande une évaluation professionnelle.

 

De la rééducation personnelle à la performance de haut niveau

Paul : Foundation Training est souvent découverte à cause du mal de dos. Pourtant, tu as aussi travaillé avec des sportifs de très haut niveau.

Eric Goodman : La méthode a été utilisée dans des univers très différents : le surf, le motocross, le basketball, le baseball, le water-polo et de nombreux autres sports.

L’un de mes patients préférés est l’acteur Jeff Bridges. Au début de notre histoire, je ne l’avais même pas encore rencontré. Son entraîneur m’avait demandé de lui préparer une vidéo parce qu’il souffrait beaucoup du dos pendant un tournage.

Environ un an plus tard, nous nous sommes rencontrés. Il m’a dit, avec son style très personnel : « J’ai fait la vidéo et ça a sacrément bien marché ! » Il est ensuite devenu un pratiquant régulier et un ami proche.

Dans le surf, j’ai pu travailler très tôt avec Kelly Slater, Dane Reynolds et Brad Gerlach. Billy Kemper et son entraîneur Kahea Hart ont également intégré Foundation Training à leur préparation.

L’une de mes premières expériences importantes a été menée auprès de l’équipe olympique américaine de water-polo avant les Jeux de Pékin de 2008, où elle a remporté la médaille d’argent. J’ai également travaillé avec plusieurs membres des Lakers de Los Angeles autour de leur saison 2010.

Ces expériences nous ont appris que les mêmes principes pouvaient intéresser aussi bien une personne cherchant à retrouver des mouvements confortables qu’un athlète souhaitant prolonger sa carrière.

Paul : Comment expliques-tu cet intérêt pour la performance ?

Eric Goodman : Les muscles et les tendons constituent la première ligne de stabilité du corps. Ils déplacent le squelette, équilibrent le mouvement et participent au maintien des articulations.

Lorsque les muscles ne remplissent plus correctement ce rôle, les ligaments, les cartilages et les structures articulaires sont davantage sollicités.

Plus nous apprenons à répartir les forces dans les muscles, plutôt que de concentrer les contraintes dans les articulations, plus nous pouvons améliorer l’équilibre, la coordination et la production de mouvement.

La tension isométrique utilisée en Foundation Training est modulable. Une personne sensible peut travailler doucement. Un athlète expérimenté peut créer une tension extrêmement importante, au point de faire trembler tout son corps.

C’est ce large spectre d’intensité qui permet d’utiliser des principes semblables avec un jeune athlète de 16 ans et avec une personne de 90 ans souhaitant conserver sa capacité de mouvement. Les exercices peuvent se ressembler, mais leur intensité, leur amplitude et leur complexité seront très différentes.

 

Ce que Foundation Training peut apporter au ski et au snowboard

Paul : Une partie de mon audience pratique le ski, le ski de randonnée ou le snowboard. As-tu un message particulier pour ces sportifs ?

Eric Goodman : Il existe une relation très importante entre le pied, la voûte plantaire, la cheville, les muscles entourant le tibia, les hanches et le dos.

En allongeant activement l’arrière de la jambe et en utilisant la dorsiflexion, donc la capacité à relever les orteils, on peut répondre à une partie de la compression continue imposée par les chaussures de ski ou de snowboard.

Ces chaussures maintiennent le pied et la cheville dans un espace très contraint. Si tu travailles la largeur, l’espace et la force du pied, de la voûte plantaire, de la cheville et des orteils, tu peux influencer toute l’organisation du corps au-dessus.

Lorsque ce travail est coordonné avec les mouvements de Foundation Training, tu crées une relation plus cohérente entre les pieds, les jambes, les hanches et le tronc.

Nous avons pu l’observer chez des athlètes comme Ted Ligety, Dusty Henricksen ou la snowboardeuse canadienne Dominique Vallée. Plusieurs anciens snowboardeurs professionnels ont également intégré la méthode à leur pratique.

Je fais moi-même du snowboard. Je ne prétends pas être un grand snowboardeur : je descends surtout des pistes bleues et noires pour m’amuser. La différence, pour moi, est de pouvoir continuer à le faire dans la quarantaine, tout comme je peux surfer et pratiquer mes autres activités.

Lorsque des tensions réapparaissent, j’ai désormais des outils pour y répondre. C’est aussi l’intérêt d’apprendre Foundation Training : développer une compétence que l’on peut utiliser soi-même.

Paul : Pouvoir continuer à pratiquer compte parfois autant que la performance pure. Lorsque l’on souffre en permanence, il devient aussi très difficile d’être pleinement disponible pour sa famille, son travail ou ses projets.

Eric Goodman : Absolument. La douleur permanente rend le bonheur et la créativité beaucoup plus difficiles.

Se sentir mieux permet de redevenir plus présent auprès de sa famille et de recommencer à faire ce que l’on pense devoir accomplir dans sa vie, plutôt que de réagir en permanence à ce que le corps nous impose.

 

Comment découvrir Foundation Training ?

Paul : Que conseillerais-tu à une personne francophone qui souhaiterait découvrir la méthode ?

Eric Goodman : Si tu es en France et que tu as la possibilité de travailler avec Paul, va travailler avec lui.

Il est toujours préférable d’être accompagné pour apprendre ce type de pratique. Paul possède un esprit qui va décomposer et comprendre la méthode comme un ingénieur. C’est une très bonne qualité chez un instructeur. Sois attentif à ce qu’il va t’enseigner.

L’application officielle, FT Streaming, contient également de nombreux programmes : des séances courtes ou longues, les principes fondamentaux et des protocoles consacrés à différentes régions du corps. J’y enseigne, en anglais, avec Jessie Salas et plusieurs autres éducateurs Foundation Training.

Il existe aussi des vidéos gratuites sur notre chaîne YouTube et plusieurs livres consacrés à la méthode.

Plus tu prends le temps de l’étudier, plus tu en découvres les subtilités. Foundation Training ressemble à l’apprentissage d’un langage du mouvement. Plus tu le comprends, mieux tu peux l’utiliser.

 

Mon regard après cette rencontre

Cette conversation a confirmé ce qui m’avait initialement attiré dans Foundation Training : la méthode ne repose pas sur une posture magique ni sur une solution unique applicable à tout le monde.

Elle propose un langage et un nouvel apprentissage du mouvement pour soutenir et ouvrir son corps au lieu de le compresser et de l’user. On apprend à sentir ses pieds, organiser son bassin, engager sa chaîne postérieure, créer de l’espace avec la respiration et répartir l’effort dans l’ensemble du corps. Ces principes peuvent ensuite accompagner la musculation, la marche, le ski, le surf ou les gestes les plus ordinaires de la journée.

J’apprécie également la manière dont Eric refuse d’opposer Foundation Training aux autres pratiques. Il ne demande pas aux gens d’abandonner ce qu’ils aiment. Il leur propose d’acquérir des outils leur permettant de continuer à le faire dans de meilleures conditions. Et vu que pratiquer la méthode cause très peu de fatigue, ça peut s’insérer facilement dans la vie de tout le monde.

Son histoire personnelle résonne particulièrement avec la mienne. Nous avons tous les deux découvert cette méthode en cherchant des réponses à des problèmes de dos. J’ai eu la chance toutefois de profiter de son génie. Et tout comme lui, aujourd’hui je cherche à perfectionner ma compréhension, ma pratique et mieux la transmettre aux autres.

À la fin de l’entretien, Eric recommande aux francophones de travailler avec moi parce que mon esprit d’ingénieur me pousse à décomposer chaque détail. Le compliment m’a évidemment touché. Il décrit surtout assez justement la manière dont j’enseigne : comprendre précisément ce que nous faisons, adapter la pratique à la personne et lui permettre de devenir progressivement plus autonome.

 

Découvrir Foundation Training en français

J’ai conçu un accompagnement progressif en français pour te permettre d’apprendre les principes de Foundation Training, de comprendre les postures et de les intégrer à ton propre corps.

Tu n’as pas besoin d’être souple, sportif ou déjà familier avec la méthode. Nous commençons par les bases et avançons progressivement, avec des consignes précises et des adaptations lorsque cela est nécessaire.

Si tu souhaites découvrir cette pratique et savoir si elle correspond à ta situation, tu peux consulter la présentation complète de mon accompagnement.

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Paul 'James' Blanvillain

Ingénieur, coach sportif et thérapeute ayurvédique, je suis passionné par le corps humain et le muscle, sous toutes ses formes et expressions. Je propose de la prépa physique "Longévité & Performance" pour profiter autant que possible aussi longtemps que possible.